Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /2008 23:08
MEMOIRE A LA CARTE
Extraits d'une interview du CVUH
Propos recueillis par Mathieu Menossi et Thomas Yadan pour Evene.fr - Octobre 2008
http://www.evene.fr/celebre/actualite/interview-du-cvuh-1657.php


Immergé au coeur de mécanismes politiques, sociaux et économiques de plus en plus complexes, le Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire (CVUH), oeuvre depuis trois ans pour la défense d'un espace de réflexion publique basé sur le dialogue, la concertation et la transmission.



France bleue-France rouge
Technique mixte sur toile- 50 x 50 cm- 2008
Le CVUH est né au printemps 2005, à la suite de l'adoption d'une loi sur la colonisation. L'article 4 de cette loi prévoyait qu'il fallait enseigner "les aspects positifs de la colonisation".
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On ne peut pas saisir pleinement les enjeux du présent sans une analyse critique et distanciée du passé. De la même façon, on ne peut pas comprendre l'espace dans le contexte de la mondialisation sans avoir une analyse de la construction de cet espace. En supprimant l'histoire-géographie du tronc commun, on risque de fragiliser les futurs citoyens dans le sens où ils seront d'autant moins en mesure d'analyser leur environnement et leur passé, moins libres de leurs propres choix. Ce n'est pas en rendant optionnels les instruments de compréhension d'un monde toujours plus complexe que l'on va favoriser l'autonomie des citoyens. La réforme risquerait de creuser le fossé entre les enfants issus des classes favorisées qui auront l'opportunité de faire de l'histoire-géographie, et les autres qui seront condamnés à apprendre le minimum. Le risque est de réduire encore l'autonomie de pensée des citoyens auxquels nous n'aurons pas donné les moyens de comprendre les enjeux de la société et les conflits qui la traversent.
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L'usage public de l'histoire a toujours constitué un outil de rhétorique majeur de la classe politique, toutes tendances confondues. Mais, lors de la campagne présidentielle, l'usage du passé par Nicolas Sarkozy était tel qu'il produisait un effet de brouillage didactique et idéologique. Comme le montre Christian Salmon, dans son ouvrage 'Storytelling', raconter des histoires édifiantes, sans les contextualiser, a pour but de créer de l'émotion afin de susciter une adhésion politique immédiate. On pourrait parler de "marketing politique". C'est sans doute ce que cherchait Nicolas Sarkozy, en faisant écrire ses discours par Henri Guaino. (1) Notre rôle, en écrivant le livre collectif 'Comment Nicolas Sarkozy écrit l'histoire de France', a été de démonter cet usage apparemment contradictoire des grandes figures historiques.
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(1) Henri Guaino est notamment auteur des discours prononcés à Périgueux et à Agen, avec les évocations de Hugo, Jaurès, Blum et Guy Môquet ou encore le discours très contesté de Dakar, le 26 juillet 2007.

Extraits des propos recueillis par Mathieu Menossi et Thomas Yadan pour Evene.fr - Octobre 2008



Par yoro
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